Papier Libre

Cachet de poste faisant foi

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Brève #34

C’est assez impressionnant comme l’investissement émotionnel que l’on met dans une relation rend difficile toute idée de séparation. Il y a une semaine j’étais en train de flipper à l’idée de perdre ma place dans un groupe. Maintenant je suis tellement détaché que je n’ai même pas envie de retourner vivre avec groupe.

C’était le genre de relation de travail si fusionnelle que je me disait que je ne pourrais jamais m’en remettre. Je veux dire qu’à force on s’oblige à aimer les gens, on se cache la vue à cette idée.

C’est fini. Je suis libre.

Il y a une semaine j’etais avec #13 et je pensais vraiment à autre chose. Elle était dans mes bras, dans mon lit. J’ai besoin de la revoir et cela ne se fera pas avant Lundi. C’est assez difficile à supporter. Mais il faut accepter les contraintes d’emploi du temps et se faire à l’idée. En même temps je me dit que je ne pourrais pas la voir tous les jours non plus. On finirait par se lasser, s’énerver. Je serait beaucoup plus stressé. Notre couple ne tiendrait pas.

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Brève #35

J’avais attendu de revoir #13 une semaine. Une longue semaine de patience et d’incertitude. Je l’ai vu rapidement. C’était prévu pour être court. Je suis resté un peu plus pour regarder la télé avec elle. Puis je suis resté pour la nuit. Elle était malade et j’ai veillé sur elle avec attention, sans réussir à m’endormir vraiment.

Je me suis réveillé à chacun de ses sursauts. Je ne suis pas vraiment habitué à dormir avec elle. Il y a la tentation de la caresser, il y a le bruit de la circulation et celui de sa respiration. Je me suis tourné et retourné avec elle, je l’ai couverte et découverte.

En fait je l’ai vraiment découverte. Une étreinte subreptice au milieu de la nuit, un baiser qui a duré trop longtemps. #13 s’est doucement abandonnée. Pas de beaucoup mais c’était presque inespéré.

On s’est réveillé, au matin, avec des cernes incroyables et des sourires complices.

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Brève #49

C’est bizarre, mais j’ai fini par mettre en file d’attente des billets que je ne pensais jamais vraiment voir sortir. Là viens la magie de la publication différée.

J’écris de petites capsules temporelles. Hier, avec #13 endormie dans mes bras, j’ai relu la Brève #13. Souvenir d’il y a six mois. Putain, six mois presque.

Je crois que je n’ai jamais été impliqué dans une relation aussi longue de ma vie. L’insomnie me pousse à réfléchir. Faut dire que je bosse demain et que j’écris à une heure indue. Sous mes fenêtres une bande de crétins klaxonnent à tout va. Ils hurlent leur langage bourré ; je sens presque leur haleine chargé de vin espagnol que les escrocs du coin leur on fait payer un prix indécent. Il y a eux, leur agressivité et les filles qui les poussent. Elles éclatent de leurs rires aiguës, excités par la soif d’une arcade éclatée. Un passant intervient et leur dit de “rentrer faire chier le monde ailleurs”. Ils se calment, hurlent et klaxonnent pour la forme ; ensuite ils disparaissent dans un bruits de moteur mal calibré qui fait trembler mes vitres.

Je ne dors pas et je sais que je m’en mordrai les doigts demain. Tout le week-end. S’il n’y avait toutes ces deadlines qui me rongent. J’aimerais presque me réfugier dans un village en bord de lande. Moi et une machine à écrire.

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Brève #48

J’écris peu ici ces derniers temps. Quelque part c’est bon signe.

Et en même temps c’est inquiétant. Si j’écris peu ici c’est surtout parce que tout va bien. Je suis heureux, j’ai gagné la bataille contre moi même : j’aime #13. Je suis strictement incapable d’écrire sur le bonheur.

Alors, d’accord, tout n’est pas rose. Il y a le stress quotidien qui nous fait vivre tous les jours un petit enfer. Les vacances ne deviennent que de petits intermèdes agréables, mais trop court. Parfois on s’engueule. Pour des conneries souvent. Ce n’est pas grave car dans les deux heures qui suivent, on a souvent réglé le problème et nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre.

Sa respiration est régulière. Elle ne me voit pas, elle ne sait pas que j’écris sur nous.

Je vais essayer d’écrire davantage pour vous. C’est le seul endroit où je suis pleinement anonyme.

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Brève #37

J’aime ce puzzle de pièces bigarrée que je construis. J’ai une fascination malsaine à leur endroit. Chaque pièce doit être unique, s’assembler avec les autres.

Je laisse des carnets vides, des témoignages, des blogs, ses souvenirs, des peurs, et des objets. Quelques étagères de collection poussièreuses avec des cailloux, des pièces et des livres. Beaucoup de livres. Il y a peu j’ai fait le rangement de ces.milliers de pages lues et relues ; aimées.

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Le bal des Cursed

4ecouverture:

Timothy se sent perdu dès le premier jour, dans ce lycée privé de Flavor Garden. Ce n’est pas le lieu surrané ou l’uniforme scolaire, mais plus l’androgyne Camille qui le trouble.

Lentement, il sera attiré par cette jeune fille qui l’entrainera dans une danse macabre jusque dans les limites de l’acceptable.

Une oeuvre jeunesse atypique et bouleversante ,encensée par la presse andorienne !

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Brève #13

Elle est arrivée comme ça d’un coup sans crier gare, entre la fille en soutif rouge vif à mini jupe écossaise et l’algérien saoul. Elle s’est planté devant moi et m’a demandé si elle pouvait s’assoir. Puis elle s’est assise ; affalée serait un terme plus exact ; sur mes genoux avec son sacrum pointu. Elle a dit un truc sur son absence de fesse. Elle m’a pris la main pour l’y mettre puis sur ses hanches, puis sur ses seins. Elle m’a dis qu’elle avait bu, qu’elle comprenait pas pourquoi les mecs s’intéressaient surtout à ses fesses.

Elle n’avait pas l’air d’une fille qui ayant vraiment bu.

Elle a pris cette excuse parce que c’est plus simple à assumer.

Je le sais parce que j’ai fait des test psychomoteurs.

Et puis on a parlé. De nous de nos vies, de sexe. De nos premières expériences ratée s, de son manque d’expérience. Elle avait un genre de néon rouge géant au dessus de la tête avec marqué “choppe moi”.

Je ne suis pas le seul à l’avoir vu. Tout le monde avait les yeux fixés sur moi. Sur nous. Sur moi qui hésitait à l’embrasser avec ses bras autour de mon cou, avec ma main entre ses cuisses, avec sa façon de relever la tête en me frolant, avec mon érection naissante contre ses fesses - inexistantes donc - et ses mouvements de bassin.

Je suis pudique comme mec. Je lui ai dit qu’on ferait mieux de rentrer à l’intérieur. Elle m’a demandé pourquoi. Je lui ai dit qu’il faisait froid. Elle à frissonné et m’a dit oui.

On est rentré, elle m’a raconté ses histoires décevantes. J’ai ri. À moitié pour lui dire que je m’en fichais ; j’ai ri parce que c’était à la fois drôle, naïf et parce que ça l’enervais un peu. Je crois que c’est parce que je lui ai parlé de contraception qu’elle m’a raconté ça. Je lui ait raconté des conneries, je l’ai smacké parce que c’est drôle de laisser l’allumeuse se faire allumer. Puis on s’est levé et on est monté. J’ai fermé la porte de sa chambre au moment où elle enlevait le haut pour me dire qu’elle dormirai en culotte.

Affaire à creuser donc.

Je suis rentré, je me suis demaquillé puis je me suis couché. Mes trois compères sont rentré. Le premier m’a demandé pourquoi j’étais seul dans mon lit. Le deuxième m’a posé une question pour savoir s’il avait gagné un pari (il s’avère qu’il a perdu contre une amie à moi) et l’Algérien bourré m’a demandé ce qu’il s’était passé.

J’ai eu son numéro, je l’appelle demain.

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Brève #43

Je suis là un 24 décembre. Il est deux heure du mat, je suis dans ma cuisine à écouter la radio en attendant que mes pattes ne cuisent.

J’ai hésité. Je sais que dans 24h je serai au fond de mon lit, ivre de champagne, de chocolat, de bonne chair et de bons vins. Une belle soirée en famille.

J’espère que cette année nous n’aurons pas la traditionnelle engueulade des ménages. Noël, ses fantômes, ses malédictions.

Ça fait presque 15 ans que Noël n’est plus une vraie fête. Une fois les masques tombées il n’y a plus de magie.

Mais cette année cela sera différent n’est-ce pas ?

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Breve #47

Nuit de travail simple. Un peu d’activité au début et là, le calme règne. Rien. Les conversations de mes collègues rythment le temps. Les nombreuses horloges également. J’éprouve une lassitude, celle qui touche l’esprit à l’approche de la 4e heure.

La 4e heure, c’est l’heure traître. L’esprit flanche et s’égare. Doucement les gens s’assoupissent. Il est 4h.

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Brêve #44

Cela sera bref.

C’est la crise, c’est la merde, les gens sont dans la rue et j’ai à peine foi en l’humanité. Mais je vous souhaite une bonne année quand même.

Je crois qu’il sera difficile de faire pire que maintenant. A moins d’avoir une nouvelle guerre mondiale à laquelle plus personne ne crois. Nous y reparlerons des gentilshommes de fortune.

Je pense que s’il doit y avoir un sursaut, alors cela viendra de l’un d’entre nous. Quelqu’un aura l’idée ou le déclic. Ou alors cela sera la fin de notre civilisation.

Et dire qu’il y a des cons pour croire à la fin du monde en 2012.

Donc une bonne année pour tous, que les choses s’améliore, que tous reprennent espoir. Occupons nous de nous-même et avec ce qu’il nous reste, occupons-nous un peu des autres.

C’est tout.